par angèle casanova

« sang »

  • économique, dans la route, le 5 décembre 2013

    Rien en elle n’est économique. Le corps. L’âme. Les sentiments. Elle donne tout. Sans compter. Généreusement. Les autres comptent pour elle. Elle donne tout pour oublier qu’elle n’a rien au cœur. Au fond. Au milieu. Elle est vide.

    Rien en elle n’est économique. Le corps. L’âme. Les sentiments. Elle donne tout. Sans compter. Généreusement. Les autres comptent pour elle. Elle donne tout pour oublier qu’elle n’a rien au cœur. Au fond. Au milieu. Elle est vide. Alors elle donne. Elle parle. Elle vit. Live fast, (...)
  • le couteau, dans poèmes, le 8 mars 2014

    elle le dit
    c’est une erreur
    elle s’est trompée
    elle veut réparer

    elle le dit c’est une erreur elle s’est trompée elle veut réparer elle prend ce qu’elle a sous la main un couteau elle le trempe dans la peinture tend le bras vers la toile passer l’éponge la surface part avec dessous apparaît la structure le grain du réel quelque chose se passe (...)
  • pique-moi encore, dans maman, maman, j’ai rêvé de l’ours, le 7 novembre 2006

    Le RER, mon havre de pensées… J’y passe quotidiennement deux heures et plus à rêvasser ma vie.

    Le RER, mon havre de pensées… J’y passe quotidiennement deux heures et plus à rêvasser ma vie. Ce soir. Je rentre chez moi. La vitre m’attire. Blottie contre elle, je regarde lentement défiler la lumière et la pénombre, la lumière et la pénombre. Peu à peu, mon regard se focalise (...)
  • l’autre chaussure, dans maman, maman, j’ai rêvé de l’ours, le 8 octobre 2013

    L’autre chaussure, je ne l’ai jamais revue. En son absence, les chaussures, j’en achète. Souvent. Je les range en rang d’oignon. Deux par deux. Je déteste en égarer une. Quand cela se produit, je panique. Je cherche, convulsivement, sous le lit.

    L’autre chaussure, je ne l’ai jamais revue. En son absence, les chaussures, j’en achète. Souvent. Je les range en rang d’oignon. Deux par deux. Je déteste en égarer une. Quand cela se produit, je panique. Je cherche, convulsivement, sous le lit. Jusqu’à ce que je la trouve. Alors, (...)
  • la preuve par neuf, dans maman, maman, j’ai rêvé de l’ours, le 9 novembre 2006

    Le gendarme fouille dans son bureau. Il s’arrête, il nous regarde. Les uns après les autres. Il cherche le pilier de la famille. Visiblement. Il regarde mon père. Mais mon père est perdu. Ca se voit.

    Le gendarme fouille dans son bureau. Il s’arrête, il nous regarde. Les uns après les autres. Il cherche le pilier de la famille. Visiblement. Il regarde mon père. Mais mon père est perdu. Ca se voit. Il parle, sans respirer, continuellement, disant des banalités pour éviter de (...)
  • in the middle, par Angèle Casanova, dans écrire avec Sébastien de Cornuaud-Marcheteau (février 2015), le 6 février 2015

    Mon texte est accessible .

    Mon texte est accessible là.
  • voir rouge, dans photo-textes, le 22 novembre 2013

    Cette performance a été réalisée dans le cadre du pecha kucha littéraire "Oloé, des espaces élastiques Où lire Où écrire", proposé pour l’inauguration de L@ppli, l’espace numérique des Médiathèques de Strasbourg, le 22/11/2013 (Médiathèque André Malraux).

    Je ne sais pas trier. Les papiers s’entassent. Se perdent. Et pourtant. Quand j’emménage quelque part, je prévois toujours un coin. Pour lire. Pour écrire. Je le mets en scène. Mais quand il s’agit de l’utiliser, plus personne. Je m’installe n’importe où. Plutôt que dans mon nid (...)
  • L’enfant soldat, par Yoxigen (Un jour, j’ai mangé une pomme), dans écrire avec Yoxigen (octobre 2012), le 5 octobre 2012

    Il se souvenait encore de l’école, des corn flakes, des restaurants en famille, avant la Grande Récession.

    Il se souvenait encore de l'école, des corn flakes, des restaurants en famille, avant la Grande Récession. L'un de ses souvenirs les plus marquants, c'était l'exaltation de ses professeurs, lorsqu'ils parlaient de la seconde guerre mondiale. L'axe du mal, les héros exaltés, se (...)
  • je campe ma vie, par Angèle Casanova, dans écrire avec Pierre Cohen-Hadria (novembre 2014), le 7 novembre 2014

    Je campe ma vie. Je suis toujours sur la brèche. Sur le départ. Rien à faire. Je m’attache aux choses. Aux gens. Je me rends indispensable. Je me fais détester. Et puis je disparais. En un modeste flash. Je disparais et puis plus rien.

    Je campe ma vie. Je suis toujours sur la brèche. Sur le départ. Rien à faire. Je m’attache aux choses. Aux gens. Je me rends indispensable. Je me fais détester. Et puis je disparais. En un modeste flash. Je disparais et puis plus rien. Comme le big bang à l’envers. Ma vie campée (...)
  • le linge sale, dans nouvelles, le 2 novembre 2012

    Enfant, elle avait un secret. Elle le dissimulait sous son pull. Il avait la forme d’un objet de torture. Un corset. En plâtre. Il la soutenait. Il la martyrisait. Il la protégeait. Son secret. Elle le pleurait la nuit. Elle ne pensait qu’à lui.

    Enfant, elle avait un secret. Elle le dissimulait sous son pull. Il avait la forme d’un objet de torture. Un corset. En plâtre. Il la soutenait. Il la martyrisait. Il la protégeait. Son secret. Elle le pleurait la nuit. Elle ne pensait qu’à lui. Elle ne voyait rien d’autre. Son (...)

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