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	<title>Gadins et bouts de ficelles</title>
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		<title>La maison de nos r&#234;ves, par Giovanni Merloni (site le portrait inconscient)</title>
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		<dc:date>2014-03-07T16:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Giovanni Merloni</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;La maison de nos r&#234;ves.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Celui qui laisse la maison vieille pour la maison neuve, sait bien ce qu'il perd, mais ne sait pas ce qu'il trouve)&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://gadinsetboutsdeficelles.net/IMG/jpg/001_metro_londres_1978_-_180.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://gadinsetboutsdeficelles.net/IMG/jpg/001_metro_londres_1978_-_180.jpg?1403589178' width='500' height='336' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La maison de nos r&#234;ves.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Celui qui laisse la maison vieille pour la maison neuve, sait bien ce qu'il perd, mais ne sait pas ce qu'il trouve)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais re&#231;u une lettre non sign&#233;e de quelqu'un qui devait me conna&#238;tre tr&#232;s bien. Donc, apparemment, j'aurais d&#251; d&#233;couvrir &#224; mon tour celui ou celle qui m'avait &#233;crit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour tout dire, je n'avais pas enti&#232;rement lu cette lettre. Je m'&#233;tais born&#233; aux premi&#232;res cinq lignes, faisant au commencement confiance &#224; cette &#233;criture fluide et g&#233;n&#233;reuse... Mais j'avais d&#251; m'arr&#234;ter lorsque j'avais constat&#233; que l'on connaissait mon secret. Une chose que je n'avais avou&#233;e &#224; personne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce monsieur (ou madame ou mademoiselle) savait que je n'en pouvais plus de cette copropri&#233;t&#233; ainsi que de cet appartement clair et calme au troisi&#232;me &#233;tage d'un immeuble haussmannien dans le quartier de l'Horloge... D'ailleurs, il &#233;tait trop petit. Ses quarante-cinq m&#232;tres carr&#233;s ne me suffisaient pas. Je r&#234;vais d'une petite chambre &#224; coucher sans chemin&#233;e ni moulures o&#249; j'aurais pu finalement me passer du canap&#233;-lit ou de ce lit fant&#244;me s'adaptant &#224; toutes les circonstances. Ce deux-pi&#232;ces que maintenant je voyais se perdre dans un brouillard &#233;pais... &#201;tais-je moi celui qui avait creus&#233; une niche dans le mur mitoyen pour &#233;largir le placard ? Comment avais-je pu apprendre si bien l'art de la menuiserie ainsi que le m&#233;tier redoutable de l'embaumeur ? Tout cela, maintenant il me semble impossible. Par contre, je trouve coh&#233;rente &#224; ce drame mon impulsion aveugle pour le changement : je pouvais m'adapter &#224; tout, me contentant m&#234;me d'un petit hublot encastr&#233; dans le toit. J'avais juste besoin de quatre murs o&#249; me vautrer quand j'aurais eu envie de m'isoler... &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette lettre arrivait, d'ailleurs, dans un de ces moments cruciaux, d&#233;cisifs, o&#249; l'on est oblig&#233;s de se faire violence pour sortir d'une effrayante impasse. N&#233;anmoins, ces lignes pleines de charme et de parfum m'inqui&#233;taient. Je me sentais menac&#233; et attir&#233; en m&#234;me temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Venez, vous me remercierez ! &#187; c'&#233;taient les derniers mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je pense que tout cela s'est d&#233;roul&#233; en quelques heures seulement ! Ce matin, j'&#233;tais sorti &#224; l'aube, tout de suite apr&#232;s que mon voisin de palier s'&#233;tait lanc&#233; la t&#234;te premi&#232;re, comme d'habitude, dans l'escalier. En profitant de ce vacarme, qu'il augmentait au jour le jour pour se donner de l'importance, j'avais vite referm&#233; la porte &#224; double cl&#233;. Je ne voulais surtout pas que mes voisins s'int&#233;ressent &#224; ma &#171; disparition &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En me dirigeant vers le m&#233;tro, j'avais song&#233; aux milliers de personnes pr&#234;tes &#224; faire n'importe quoi pour prendre ma place. Mon c&#339;ur bondissait comme une boule de ping-pong, tandis que mon cerveau poussait sur le cr&#226;ne &#224; la seule id&#233;e que quelqu'un trouvant la porte ouverte rentre chez moi... J'essayais de me rassurer, en me disant que je l'avais soigneusement referm&#233;e &#224; cl&#233;, profitant de la voix de contralto de la concierge, ainsi que de son aspirateur en pleine action... Pourtant, j'avais laiss&#233; la vieille chaudi&#232;re allum&#233;e. Elle &#233;tait assez d&#233;cr&#233;pite ! Je paniquai &#224; l'id&#233;e d'une explosion de quatre sous, qui aurait pu d&#233;clencher l'intervention des Sapeurs-Pompiers, l'irruption des curieux, la bagarre de la police.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#233;tro, la vision d'une jeune femme pensive, renferm&#233;e dans un imperm&#233;able identique &#224; celui du tenant Colombo, eut la force de me distraire. Ses yeux bleus et sa bouche en perp&#233;tuel mouvement me plong&#232;rent dans une histoire d'assassins et d'espions internationaux. Pourtant elle ne m'&#233;tait pas &#233;trang&#232;re. Son parfum &#233;tait le m&#234;me...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il m'avait fallu presque une heure pour atteindre la station de Saint-Ouen. &#192; pied, puisque je n'avais pas envie de me renseigner chez des inconnus, je m'&#233;tais rendu en bord de Seine...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans les emplacements des anciens entrep&#244;ts, un nouveau quartier va surgir. Au bout d'un parcours tout &#224; fait inattendu, vous resterez boulevers&#233; &#224; la vue d'une construction ultramoderne, solide et l&#233;g&#232;re &#224; la fois ! &#187; C'&#233;taient les mots qui m'avaient provoqu&#233;, en me faisant sortir de mon cocon. Ainsi que ce parfum...&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me tournai en arri&#232;re, brusquement. La femme &#224; l'imperm&#233;able avan&#231;ait derri&#232;re moi, tranquille, avec l'air typique de tous ceux qui se rendent au travail &#224; pas de course. Un &#233;clair jaune illumina violemment le petit tunnel o&#249; je m'&#233;tais joint au troupeau. Cela me donna une &#233;trange euphorie. &#192; la sortie du tunnel, je lorgnai un banc public. Je m'assis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sens dessous dessus, je d&#233;cidai que je ne pouvais plus avancer, m&#234;me d'un millim&#232;tre, si je ne lisais pas la lettre, de A &#224; Z.&lt;br class='autobr' /&gt;
(tandis que je lisais, la femme &#224; l'imperm&#233;able fr&#244;la imperceptiblement mon genou et me sourit, s'accompagnant d'un petit geste complice.)&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me for&#231;ai de lire : &#171; n'ayez pas peur ! &#187; disait au final le myst&#233;rieux exp&#233;diteur. &#171; On vous montrera plusieurs habitations de diff&#233;rentes tailles. Vous &#234;tes attendu au pied du tapis roulant &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me levai, pr&#234;t &#224; tout. J'avais reconnu le parfum qui se d&#233;gageait de ce profil de femme h&#226;tive qui m'avait gentiment salu&#233;. C'&#233;tait le m&#234;me parfum inondant la lettre ; le m&#234;me &#171; Tocade et fuite &#187; de Madame Rochas qu'utilisait...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://gadinsetboutsdeficelles.net/IMG/jpg/002_londra_bis_1979_180.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://gadinsetboutsdeficelles.net/IMG/jpg/002_londra_bis_1979_180.jpg?1403589178' width='500' height='336' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Au bout d'un instant o&#249; j'avais h&#233;sit&#233;, et que j'avais envisag&#233; de faire demi-tour, je m'aper&#231;us qu'il &#233;tait tard, d&#233;sormais. J'essayai d'imaginer une possible strat&#233;gie pour sortir de mon impasse dangereuse. Une fois install&#233; dans le nouveau logement, j'aurais appel&#233; la concierge, qui a le double de mes cl&#233;s. Je lui aurais demand&#233;, tout simplement, de rentrer dans l'appartement, d'&#233;teindre la chaudi&#232;re, avant de couper carr&#233;ment la lumi&#232;re et le gaz, se souvenant enfin de renfermer &#224; nouveau la porte d'entr&#233;e. De mon nouvel appartement, m'accoudant paisiblement depuis un de ces &#233;tages en haut, j'aurais jet&#233; un coup d'&#339;il sur la Seine, avant d'expliquer que j'&#233;tais maintenant en voyage et que je serais rentr&#233; tr&#232;s t&#244;t, au bout d'une dizaine de jours au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il n'y avait plus moyen de changer d'avis, ou de projet de vie. Une ombre &#233;paisse m'emprisonnait sans rem&#232;des. Elle descendait depuis un truc immense que je n'avais pas la force ni l'envie d'examiner avec la m&#234;me d&#233;sinvolture des gens qui arrivent au travail comme si c'&#233;tait une alc&#244;ve. Heureusement, le paysage sombre &#233;tait travers&#233; par des fl&#232;ches lumineuses et des silhouettes phosphorescentes qui se croisaient avec une sorte de joie complice. Je fus attir&#233; par une inscription : LOGE. &#201;tais-je d&#233;j&#224; arriv&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Par une vive d&#233;ception, je vis, au lieu des sabots us&#233;s de ma concierge bien aim&#233;e, une machine pour le p&#233;age ! Elle me demandait de fa&#231;on dictatoriale de faufiler un billet de m&#233;tro ou l'&#233;quivalent en argent dans un filet. J'ob&#233;is et&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
BIM ! BUM ! BAM !&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme si je devais entamer une longue visite dans un mus&#233;e, je me trouvai dans les mains une esp&#232;ce d'&#233;metteur-r&#233;cepteur &#224; la voix tr&#232;s aigu&#235;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y avait pas de choix, j'&#233;tais oblig&#233; de monter avec le tapis roulant par un parcours en courbe. On aurait dit que j'allais me lancer dans une autoroute ou dans une piste ne faisant qu'un avec un bateau de ligne ultramoderne pr&#234;t &#224; partir sur le ruban bleu de la Seine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, je fus sur une &#233;norme terrasse, avec des saules pleureurs partout, o&#249; les gens circulaient comme des ombres parmi des haies en guise de labyrinthe...
&lt;br /&gt;&#8212; Quel est le mien ? Je demandai au microphone &lt;br /&gt;&#8212; Suivez les charmilles rouges avec panorama incorpor&#233;. Elles sont l&#224; pour&lt;br class='autobr' /&gt;
vous, me r&#233;pondit l'inconnue &#224; l'air ricaneur.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'eus peur. Et pourtant, sur le fond de mon pessimisme noir s'ouvrait une petite fente teint&#233;e de rose. Le couchant aurait pu se muter en aurore... En fin de compte, qu'avais-je fait ? Je n'&#233;tais qu'un ex&#233;cuteur... Oui, le mot existe, j'avais &#233;t&#233; le bras arm&#233;, j'avais travaill&#233; pour quelqu'un qui devait ensuite s'occuper de tout : de nouveaux papiers, un costume tout &#224; fait diff&#233;rent ainsi que de lunettes m&#233;talliques... Je n'avais pas besoin de changer ma gueule, anonyme jusqu'&#224; la transparence. Et voil&#224; qu'il y avait un autre &#234;tre qui se chargerait de me donner une chance, une place libre, un immeuble tout neuf en &#233;change d'un immeuble tout pourri !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant un instant, rien qu'un instant, j'entendis une voix de l'au-del&#224; &#8212; ayant appartenu peut-&#234;tre &#224; mon silencieux compagnon de chambre &#8212; murmurant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Celui qui laisse la maison vieille pour la maison neuve, sait bien ce qu'il perd, mais ne sait pas ce qu'il trouve ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Troubl&#233; par cette interf&#233;rence, j'attendis que le probl&#232;me technique f&#251;t r&#233;gl&#233;. Ensuite, tout en tr&#233;buchant p&#233;niblement sur les asp&#233;rit&#233;s du sol &#8212; qui voulait peut-&#234;tre &#233;voquer les sous-bois pleins de branches et d'orties &#8212;, je poursuivis dans le parcours indiqu&#233; par mon assistant virtuel. Il me hurlait dans l'oreille BIM pour avancer, BUM pour m'arr&#234;ter &#224; r&#233;fl&#233;chir et BAM pour me pr&#233;venir vis-&#224;-vis des risques d'emprunter la fausse direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t, je me trouvai dans un escalier en colima&#231;on. Ob&#233;issant aux instructions de cette voix de plus en plus famili&#232;re, je me plantai solidement sur l'une des marches triangulaires en m'accrochant aux poign&#233;es suspendues sur ma t&#234;te. Je plongeai enfin dans un espace gris et sombre (un garage au sous-sol ?) o&#249; cette voix me conseilla de suivre les petits cailloux de pl&#226;tre coll&#233;s au linol&#233;um : &#8212; juste trois secondes :&lt;br class='autobr' /&gt;
BIM ! BUM ! BAM !&lt;br class='autobr' /&gt;
La femme assise sur le fauteuil, tout en me tournant le dos, me demanda la carte vitale, le RIB et la carte fid&#233;lit&#233; de cette unit&#233; d'habitation, qui s'appelle&lt;br class='autobr' /&gt;
ROUGE LE SOIR, IL N'Y A QUE L'ESPOIR...&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ayant reconnue, j'essayai de rester sage. Gentiment, je lui dis que je n'avais pas de carte fid&#233;lit&#233;, car je venais juste d'arriver.
&lt;br /&gt;&#8212; Si, si ! Vous l'avez ! Regardez bien dans votre portefeuille !&lt;br class='autobr' /&gt;
(Ces deux mots courts &#8212; &#171; si, si &#187; &#8212; me ramen&#232;rent d'un coup en Italie, au souvenir d'une incontournable visite au Colis&#233;e, endroit que j'avais trouv&#233; id&#233;al pour s'y abriter, &#224; condition, certes, qu'on renonce aux portes et aux fen&#234;tres.)&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout de suite apr&#232;s, la jeune femme &#224; l'imperm&#233;able fit tourner brusquement son fauteuil, jusqu'&#224; cogner son nez contre le mien.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait elle. Avec sa nouvelle coiffure, elle avait rajeuni d'une quinzaine d'ann&#233;es. D'un air hagard et sournois, elle ne cachait pas son triomphe. Croyant de voir en elle Ariane ou Eurydice je compris en un seul d&#233;clic que je n'aurais jamais d&#251;, comme Pers&#233;e, suivre ses cailloux ni ses ordres sous-entendus. Et maintenant, puisque c'&#233;tait elle qui se tournait en arri&#232;re, moi j'aurais d&#251; &#234;tre plus sage qu'Orph&#233;e...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'attrait de la maison neuve ce fut plus fort que toute prudence : je vis la Seine couler dans ses yeux, tandis que les terrasses des bistrots, baign&#233;es de lumi&#232;res, lui ouvraient la bouche dans un sourire...
&lt;br /&gt;&#8212; Arr&#234;te un moment d'&#233;taler tes merveilles ! lui dis-je. Laisse-moi essayer de r&#233;pondre &#224; l'&#233;nigme qui r&#232;gle ce cauchemar. Car je devine d&#233;j&#224;, en un seul regard, ce que tu incarnes. C'est toi l'immeuble ultramoderne et ultra confortable ! C'est toi l'h&#233;riti&#232;re de Le Corbusier et de son Esprit nouveau ! (Note)
&lt;br /&gt;&#8212; D'ailleurs, tu savais tr&#232;s bien combien j'admire cet homme visionnaire et r&#233;aliste &#224; la fois. Tu vas m&#234;me au-del&#224;... Pourtant, tes yeux sont le toit-terrasse que le Ma&#238;tre pr&#234;che dans toutes ses publications, m&#234;me posthumes, depuis en 1927 ; ta bouche ressemble comme une goutte d'eau &#224; la fen&#234;tre en longueur de ses unit&#233;s d'habitation ; ton indispensable nez c'est un des pilotis qui soutiennent cette baraque-ci (si, si ! C'est une baraque !) ; tes oreilles, finalement &#224; l'&#233;coute, sont la derni&#232;re touche qui rend fort aimable ton visage juste un peu &#233;puis&#233; par ce travail p&#233;nible&#8230; tandis que tes cheveux &#233;bouriff&#233;s et pleins de charme &#233;voquent le plan libre !
&lt;br /&gt;&#8212; Bravo, avec votre exploit vous venez de signer un contrat avec votre &#171; maison neuve &#187;, dit-elle, en me vouvoyant.
&lt;br /&gt;&#8212; Je veux voir mon appartement, avant.
&lt;br /&gt;&#8212; Mais vous y &#234;tes d&#233;j&#224; ! Vis-&#224;-vis de 1927 on a fait des progr&#232;s. Abolis les couloirs ainsi que les portes, pour ouvrir les fen&#234;tres il suffit d'&#233;carquiller les yeux...
&lt;br /&gt;&#8212; Qu'apr&#232;s on referme avec la bouche, n'est-ce pas. ? essayai-je d'ajouter, tout en lui lan&#231;ant un baiser, qui tomba pourtant dans le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai obtenu une chambre en plus, avec un hublot bleu-nuit de train, comme je d&#233;sirais. Mais, je ne sortirai d'ici qu'au bout d'un long couloir d'ann&#233;es &#8212; vingt-cinq ou vingt-six : je n'ai pas retenu ce num&#233;ro. &#192; condition bien &#233;videmment de survivre avec tout ce BIM BIM BAM et cette modernit&#233; ultramoderne.&lt;br class='autobr' /&gt;
De cette immense construction, je n'ai pu saisir que quelques images en &#233;cho. Pourvu qu'elle soit robuste, cela ne change en rien, pour moi, si son aspect ext&#233;rieur est agr&#233;able comme une unit&#233; d'habitation plong&#233;e dans la nature selon les prescriptions de l'Esprit nouveau, tandis qu'au contraire je suis abandonn&#233; dans un cachot humide aux tr&#233;fonds d'une gal&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en recouvrant plusieurs r&#244;les, dont celui de syndic de cet h&#244;tel particulier, elle vient de temps en temps me voir, s'invitant dans le jeu redoutable et parfois pervers d'un rapport de plus en plus intime entre la victime &#8212; moi-m&#234;me &#8212; et celui du bourreau, qu'elle incarne &#224; la perfection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, je n'aurais rien de quoi me plaindre, ayant enfin obtenu une chambre exclusive pour moi. Mais, &#224; chaque fois qu'elle se rhabille &#8212; avant de prononcer le code de sortie, toujours diff&#233;rent &#8212;, j'ai toujours peur qu'elle me dise, &#224; br&#251;le-pourpoint :
&lt;br /&gt;&#8212; Mais pourquoi as-tu d&#233;cid&#233; un jour de tuer mon mari ? Il est vrai, il &#233;tait fort ennuyeux, mais il faisait bien son travail de syndic, gardant toujours une s&#233;paration nette entre les questions concernant ta copropri&#233;t&#233; et les questions priv&#233;es...&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement, elle me disait cela assez rarement, car nos discussions architecturales autour de Le Corbusier et du baron Haussmann l'emportaient jusqu'&#224; la rendre distraite. Par contre, dans les moments silencieux, un petit diable lui sugg&#233;rait souvent de tout g&#226;ter par une phrase aussi d&#233;plac&#233;e qu'inutile, d&#233;sormais :
&lt;br /&gt;&#8212; Ne pouvais-tu pas me dire que tu gardais le cadavre embaum&#233; de mon mari dans ton placard-lit et que cela devenait de plus en plus g&#234;nant... car tu ne pouvais plus m'y recevoir &#224; cause de ce tiers incommode ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, c'est vrai, avec ma fantaisie galopante, j'avais cru ob&#233;ir &#224; ses d&#233;sirs, en la d&#233;barrassant de son &#233;poux. Mais, &#233;videmment, j'avais eu ensuite quelques doutes &#224; propos de ses intentions effectives. Cela m'avait affaibli et rendu incertain. J'avais perdu toute d&#233;termination dans le moment pr&#233;cis o&#249; je m'&#233;tais trouv&#233; seul avec ce mort &#233;tendu de travers sur le lit pliant. C'&#233;tait d'ailleurs impossible de sortir de cet immeuble fr&#233;n&#233;tique, le jour ou la nuit cela aurait &#233;t&#233; la m&#234;me chose. Alors, je d&#233;cidai de r&#233;soudre &#171; en famille &#187; la question, achetant chez un bouquiniste &#224; c&#244;t&#233; de Notre Dame un manuel pour embaumer les oiseaux. Quelques jours apr&#232;s, ce corps envelopp&#233; dans les draps et les journaux m'&#233;tait d&#233;sormais familier. J'avais creus&#233; une niche dans le mur o&#249; le cadavre gisait debout, cach&#233; tant bien que mal par un rideau noir de photographe.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais d&#251; me priver de la compagnie d'elle, &#233;videmment, par des pr&#233;textes affreux. D'ailleurs, je ne pouvais pas lui expliquer que la momie ne me donnait aucun souci. Je m'attachais &#224; l'air pr&#233;tentieux des habitants de mon immeuble haussmannien, tout en d&#233;clarant que j'en souhaitais la mort violente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant, dans les rares quarts d'heure d'air qu'on m'accorde sur le toit-jardin, je me r&#233;p&#232;te la m&#234;me question : &#171; pourquoi Ariane et Eurydice, ont-elles voulu me convoquer ici tandis que, pendant longtemps, ni l'une ni l'autre ne s'est aucunement int&#233;ress&#233;e au sort du mari disparu sans une seule trace ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte : Giovanni Merloni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Giovanni Merloni&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Note) Les cinq points de l'architecture moderne lanc&#233;s en 1927 par Le Corbusier et Pierre Jeanneret :&lt;br class='autobr' /&gt;
1) les pilotis (le rez-de-chauss&#233;e est transform&#233; en un espace d&#233;gag&#233; destin&#233; aux circulations, les locaux obscurs et humides sont supprim&#233;s, le jardin passe sous le b&#226;timent) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2) le toit-terrasse (ce qui signifie &#224; la fois le renoncement au toit traditionnel en pente, le toit-terrasse rendu ainsi accessible et pouvant servir de solarium, de terrain de sport ou de piscine, et le toit-jardin) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
3) le plan libre (la suppression des murs et refends porteurs autoris&#233;e par les structures de type poteaux-dalles en acier ou en b&#233;ton arm&#233; lib&#232;re l'espace, dont le d&#233;coupage est rendu ind&#233;pendant de la structure) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
4) la fen&#234;tre en longueur (elle aussi, rendue possible par les structures poteaux-dalles supprimant la contrainte des linteaux) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
5) la fa&#231;ade libre (poteaux en retrait des fa&#231;ades, plancher en porte-&#224;-faux, la fa&#231;ade devient une peau mince de murs l&#233;gers et de baies plac&#233;es ind&#233;pendamment de la structure).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>interdit aux hommes, par Ang&#232;le Casanova</title>
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		<dc:date>2014-03-07T14:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ang&#232;le Casanova</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Le processus qui am&#232;ne du chagrin &#224; la v&#233;g&#233;tation. Je le vis. De l'int&#233;rieur. Je l'observe dans mon corps. Dans ma chair.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/palais-de-la-femme" rel="tag"&gt;Palais de la Femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/vases-communicants" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;e processus qui am&#232;ne du chagrin &#224; la v&#233;g&#233;tation. Je le vis. De l'int&#233;rieur. Je l'observe dans mon corps. Dans ma chair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&lt;/strong&gt;omme la mar&#233;e, mon chagrin se r&#233;pand de tous c&#244;t&#233;s. Jusqu'&#224; l'horizon. Plus rien n'existe en dehors de lui. L'air que je respire. La nourriture que je mange. Tout a le go&#251;t du chagrin. Alors je ne mange plus. Alors je ne respire plus. Ou alors une fois sur deux. Ou trois. Ou quatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&lt;/strong&gt;e pars de chez moi avec une valise. Petite. Mal faite. Je fais un pas puis un autre. Ma vie se r&#233;sume &#224; &#231;a. Respirer. Continuer de respirer. Manger. Un peu. R&#233;guli&#232;rement. M&#234;me des bouch&#233;es ridicules de n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E&lt;/strong&gt;t puis je me retrouve &#224; la rue. Enfin. Pas vraiment. J'habite les canap&#233;s des uns puis des autres, &#224; tour de r&#244;le. Pendant des mois. Ma valise cal&#233;e au niveau de ma t&#234;te au pied de la banquette, j'ai vue, d'un simple mouvement, sur tout ce qui constitue ma vie. Un rien. Deux fringues. Un livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&lt;/strong&gt;e creuse ce d&#233;sespoir. Je le creuse comme une tombe. Je m'y couche. Sans fin. J'attends la mort. Et en attendant. Je souffre. La nuit. Quand je n'ai plus le cin&#233;ma pour m'emplir le cerveau d'images. Je me tords de douleur, en larmes, g&#233;missante. Des heures. En proie &#224; la terreur la plus insens&#233;e. La plus poignante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;e jour, je r&#244;de. Je r&#244;de sans fin dans Paris. Sans entrer nulle part. Je vois les gens passer autour de moi mais pour eux, je suis invisible. Un miroir sans teint. Plus aucune maison ne peut m'abriter. Me prot&#233;ger. Je ne me sens bien que l&#224;. Dans la rue. Invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&lt;/strong&gt;e maigris &#224; vue d'&#339;il. L&#233;g&#232;re comme une plume. Lourde comme une enclume. On me bouscule si facilement. Et je me rel&#232;ve si lentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;U&lt;/strong&gt;n jour, je touche le fonds. Je le touche, et mon pied trouve la force, l'ent&#234;tement, de le repousser. J'ouvre les yeux. C'est le matin. Je ris. Un r&#234;ve plaisant m'a laiss&#233; ce cadeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A&lt;/strong&gt;lors. Je me l&#232;ve. Je prends un th&#233; et d&#233;cide de faire quelque chose. De trouver un endroit o&#249; habiter. Ou du moins faire comme si. Dans un premier temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&lt;/strong&gt;e cherche sur internet et trouve la mention de ce nom. Etrange. Fier. Le palais de la femme. Il semble fait pour moi. Un interm&#233;diaire entre la rue et la vie avec lui. Un entre-deux. Un non-lieu. Salvateur peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;orsque je p&#233;n&#232;tre sous le porche, je passe une fronti&#232;re invisible. Mais tr&#232;s pr&#233;sente. Ce lieu est pour les femmes. Depuis longtemps. Il n'h&#233;berge que des femmes. Je me mets &#224; imaginer des subterfuges pour y faire entrer des conqu&#234;tes d'un soir. Juste pour l'exercice de style. Car du style, je n'en ai plus. La peau sur les os. J'&#233;coute le discours de la directrice, qui me parle salaire, caution et montant du loyer. Je suis surprise. Je pensais que mon ch&#244;mage suffirait. Je dois me secouer les puces, sinon, je resterai &#224; la rue. Lorsque je reviens, quelques jours apr&#232;s, un contrat en poche, elle accepte de me faire visiter l'immeuble. Aux murs, des sentences peintes. Un encouragement &#224; la foi et &#224; l'optimisme. Nous montons un grand escalier de pierre. Un couloir circulaire s'ouvre devant nous. Des portes tr&#232;s proches le ponctuent. Trou&#233;es par les sanitaires. Des filles passent en tongues. Indiff&#233;rentes. Ca sent le carton-p&#226;te. La directrice me fait entrer dans une chambre. La mienne. Elle donne sur un haut mur derri&#232;re lequel un immeuble haussmannien vient ouvrir ses fen&#234;tres. Les Parisiens ont vue sur les femmes d&#233;sh&#233;rit&#233;es. Et nous sur eux. Je regarde cette fen&#234;tre sans volets. Ce pauvre rideau en PVC bleu. Le lit. Le petit bureau. La table de chevet. L'armoire. La pi&#232;ce est &#233;touffante. 6 m&#232;tres carr&#233;s. Au ras du plafond, le long du mur qui donne sur le couloir, une vitre. Nulle nuit pour les pensionnaires. Le jour entre par la fen&#234;tre. La lumi&#232;re du couloir par cette vitre. Nous ne sommes jamais seules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&lt;/strong&gt;et asc&#233;tisme me s&#233;duit obscur&#233;ment. Je sens que j'ai besoin de la solennit&#233; de ce lieu. De son absence d'intimit&#233; pour avancer. Entre-deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;orsque j'emm&#233;nage, je me rends compte. La premi&#232;re nuit. Que je dors tout contre ma voisine. Nos lits se touchent &#224; travers la paroi fine qui nous s&#233;pare. Pas un mur. A peine une cloison. L'odeur de carton-p&#226;te doit venir de l&#224;. Je l'entends s'agiter. Agac&#233;e, je sors de ma chambre. La vitre au-dessus de la sienne est noire. Elle est plong&#233;e dans l'obscurit&#233; et fouille quelque part. Elle bouge des paquets. Sans cesse. Au bout de plusieurs nuits, je n'y pr&#234;te plus attention. Elle fait partie du paysage. De temps en temps, je l'aper&#231;ois. Discr&#232;te. En jogging. D&#233;color&#233;e. Je l'oublie. Toute &#224; ma renaissance. Je m'inscris &#224; la biblioth&#232;que. Je travaille. Je vis au rythme des gens qui ont un domicile. M&#234;me si le mien se r&#233;duit &#224; sa plus simple expression. Un cube en carton o&#249; manger. O&#249; lire. O&#249; souffrir encore et toujours. O&#249; dormir entre deux rais de lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt;ais un jour, en revenant des sanitaires, je trouve sa porte ouverte. Elle est partie et l'a laiss&#233;e ainsi. Je jette un &#339;il &#224; l'int&#233;rieur, furtivement. Je tressaille. La pi&#232;ce, pourtant minuscule, est remplie jusqu'au plafond. De cartons. Sous le lit. Autour du lit. Sur l'armoire. Devant la fen&#234;tre. Et je comprends soudain. Ce que ce sont ces bruits nocturnes. Elle d&#233;place ses cartons. Inlassablement. Elle les d&#233;place. La nuit suivante, je ne dors pas. Je l'&#233;coute. Je r&#233;fl&#233;chis. A ce que c'est. De tout perdre. Et de se retrouver ici. Charg&#233;e de son ancienne vie. Sans aucun moyen de s'en d&#233;barrasser. Alors, je regarde autour de moi. Je mets les mains derri&#232;re ma t&#234;te. Je regarde au plafond. Et je souris. Je ne resterai pas ici. Bient&#244;t. J'aurai un chez moi. Une nouvelle vie commence. Je ne d&#233;pendrai plus jamais d'un homme. Plus jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Texte initialement publi&#233; sur &lt;a href=&#034;http://leportraitinconscient.com/2014/03/07/interdit-aux-hommes-par-jessica-maisonneuve-les-vases-communicants-mars-2014/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le portrait inconscient&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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