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	<title>Gadins et bouts de ficelles</title>
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		<title>le trait, par Ang&#232;le Casanova</title>
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		<description>&lt;p&gt;&#171; Le corps contient le tout. Il s'&#233;crit par l'entremise du mouvement de la main alors qu'il ne bouge pas. Ne pas bouger est une attitude de d&#233;sir. Le corps est suspendu au d&#233;sir. De tout et de rien. De quelqu'un &#224; qui je pr&#234;te un visage.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/nolwenn-euzen" rel="tag"&gt;Nolwenn Euzen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Le corps contient le tout. Il s'&#233;crit par l'entremise du mouvement de la main alors qu'il ne bouge pas. Ne pas bouger est une attitude de d&#233;sir. Le corps est suspendu au d&#233;sir. De tout et de rien. De quelqu'un &#224; qui je pr&#234;te un visage. De quelqu'un dont je cherche le visage. D&#233;sir de Dieu. L'&#233;criture qui s'insinue sur le cahier r&#233;veille le d&#233;sir de faire l'amour. L'amour et l'&#233;criture per&#231;oivent la m&#234;me musique. Distraitement, le stylo caresse la blancheur couch&#233;e, et je sens la caresse t&#233;nue sur moi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Silvia Baron Supervielle. &lt;i&gt;L'alphabet du feu : petites &#233;tudes sur la langue&lt;/i&gt;. &#171; Du c&#244;t&#233; de l'amour &#187;, p. 89&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://gadinsetboutsdeficelles.net/local/cache-vignettes/L436xH639/dessin_vase_jessica_m-44bd1-1d52a.jpg?1624424769' width='436' height='639' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dessin. La m&#232;re. L'amour. La relation entre les trois. Fondatrice. Le dessin que la m&#232;re n'a jamais ma&#238;tris&#233;. Elle, la peintre. Celui qui a fond&#233; mon rapport au monde. Un d&#233;fi d&#233;j&#224;. Un art rien que pour moi. O&#249; elle n'excellait pas. Le dessin donc. Quand. Enfant. Mutique. Je parlais en dessinant. Disais mes r&#234;ves. Mes peurs. Ma folie. Tout cela se r&#233;sumant &#224; un trait. Simple. Au crayon de couleur. A l'encre de Chine. De plus en plus d&#233;pouill&#233;. De plus en plus t&#233;nu. Sans h&#233;sitation. Ce fil du rasoir. De fil en aiguille. A fini par devenir. Trait. Continu. Sans d&#233;but. Sans fin. Arrogant. Qui se joue du voyeur qui le lit. Qui lui dit. Cherche la jointure. Tu ne la verras pas. Il n'y en a pas. Je me suffis &#224; moi-m&#234;me. Ni d&#233;but ni fin. Cercle. Rond. Ventre maternel. Pas de cordon ombilical qui annoncerait la fin. La coupure. Le ciseau. La naissance. Rien. Un ventre cl&#244;t sur lui-m&#234;me. Forever. Alors je dessine. Ca. Ce ventre. Je ne sais pas ce que je dessine. Je me rebelle. J'envoie chier tout le monde. P&#232;re. M&#232;re. Univers entier. Poing lev&#233;. A l'int&#233;rieur de ma t&#234;te. Dehors rien ne transpara&#238;t. Mes tenues sont de plus en plus voyantes. Provocatrices. Mes attitudes aussi. Sexe &#224; tout va. Couche-toi l&#224;. Mais je suis la ligne. Consciencieusement. Ventre. Cl&#244;ture. Dehors. Rien ne va. Dedans. R&#234;ve d'une unit&#233; jamais atteinte. Du s&#233;jour o&#249; je pourrais &#234;tre une. Enti&#232;re. O&#249; j'aurais les mots. La pens&#233;e. Pour dire. Le d&#233;sordre du monde. Alors je trace le trait. Je me nourris de la vue de ce trait se d&#233;roulant. Je d&#233;couvre que je jouis. D'une certaine mani&#232;re. En le tra&#231;ant. Que mon corps bouge. Danse. Ce faisant. Que j'oublie tout. Caf&#233;. Chambre. Amoureux. Tout. En le tra&#231;ant. Que c'est l&#224; la chose la plus secr&#232;te. Celle que je montre en dernier. A qui j'ai choisi. Mon corps tra&#231;ant ce trait. Extase qui donne une fin aux choses. Au monde. Qui m'enferme dedans. Dans un ut&#233;rus g&#233;ant o&#249; je jouis de cette fermeture. Alors. Celui qui regarde. Je l'enferme avec moi. Dans ce fr&#233;missement. Infini. Du dessin qui se trace. L&#224;. Sur cette feuille blanche. Qui n'en finit pas de d&#233;rouler visages contrefaits sur visages contrefaits. Toujours b&#233;ants. Bouche ouverte sur un plaisir ind&#233;fini. Sans source. Qui se r&#233;pand sur le blanc angoissant de la page. Ouverture de ces visages qui n'existent que de la fermeture du trait. Ouverture. Fermeture. J'explore inlassablement ce paradoxe. Je dessine ces visages. Je cherche leurs yeux. Leurs bouches. Leurs nez. Je n'arrive pas &#224; descendre plus bas que leur menton. Dessiner des seins. Des pubis. Des bites. Je m'arr&#234;te au menton. Au cou. Parfois je trace la ligne d'une poitrine asexu&#233;e. Je me perds dans cette recherche abstraite. La jouissance dans l'effroi. Dans l'enfermement. De ce trait. Qui me fait jouir de sa simple existence sous ma main gauche qui le trace. &#338;il d&#233;mesur&#233;ment ouvert. Fixe. Qui regarde &#224; peine la feuille blanche. L'effleure. Ailleurs. Perdu. Dans ce plaisir immense. Incongru. Du dessin qui se fait. L&#224;. Sous mes doigts. Parfois je me montre &#224; quelqu'un. En train de dessiner. Je montre. Cette jouissance. Sans la dire. Je me concentre. Comme je peux. Pour rester enti&#232;re. Dans le dessin. Ne pas jouir d'autre chose. Du reluquage. C'est difficile. Mes dessins sont toujours moins bons. A mon sens. Moins bruts. Moins violents. Moins. Moins. Moins. J'ai peur que l'autre me voit. Voit ces visages vides. Ces yeux &#233;clairs o&#249; souvent rien ne transpara&#238;t qu'une absence. Quand je n'arrive pas &#224; y insuffler ma r&#233;volte. Ma col&#232;re. Quand rien d'autre n'y sourd que ce vide angoissant. Qui est le terreau de mon &#234;tre. Sur lequel je m'appuie. Car oui. On peut grandir en &#233;quilibre sur du vide. Faire de ce vide un plein. Avec trois fois rien. Un trait. Un. Indivisible. Qui enferme le manque. L'absence. Dans un champ connu. Ma&#238;tris&#233;. O&#249; il peut hurler de col&#232;re en moi. Me transporter. Me faire jouir. Devenir moi. Alors je dessine. Sans fin. Toute une vie. Et puis. Un jour. Elle meurt. Son ventre meurt avec elle. Son talent de peintre aussi. Tout ce qui me reliait au dessin meurt. Le 3 octobre 2006 j'arr&#234;te de dessiner. Je commence &#224; &#233;crire. Le vide. Ind&#233;fini. Commence &#224; prendre forme. Je l'&#233;cris. Sur la feuille blanche. Je lui donne mots. Ponctuation. Forme. Je dis le cri. Nu. Je m'observe. Je m'entomologise. Je deviens moi. Adulte. Tr&#232;s vite je donne naissance &#224; un enfant. A mon tour je deviens ventre. Un temps je me perds. Et puis je me retrouve. Je vis. Pleinement. Je m'&#233;panouis. Dans l'&#233;criture. J'aime dans toutes les acceptions possibles du mot aimer. J'aime et cet amour me redonne envie du trait. De cette jouissance du trait. Qui ne cherche plus qu'elle-m&#234;me. Simplement. Alors j'ouvre le tiroir de mon secr&#233;taire. Je prends ce carnet accord&#233;on que ma m&#232;re m'a offert avant de mourir. Et je trace le d&#233;but de mon trait. Dans le coin sup&#233;rieur gauche de la page de garde du carnet. Des visages vides. Des yeux &#233;clairs. Des bouches ouvertes. Des profils &#233;nigmatiques. Bonjour moi. Je suis de retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Texte et dessin Ang&#232;le Casanova&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Texte initialement publi&#233; sur &lt;a href=&#034;http://grandemenuiserie.fr/spip.php?article127&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;grande menuiserie&lt;/a&gt;, le blog de Nolwenn Euzen&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>terre creuse</title>
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		<description>&lt;p&gt;Le visage peint, l'&#339;il immuable, les mains tourn&#233;es vers le ciel, elle est d&#233;licatement assise sur le secr&#233;taire, pr&#232;s d'un flacon de parfum et d'une collection de bo&#238;tes anciennes.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le visage peint, l'&#339;il immuable, les mains tourn&#233;es vers le ciel, elle est d&#233;licatement assise sur le secr&#233;taire, pr&#232;s d'un flacon de parfum et d'une collection de bo&#238;tes anciennes. Elle fait face &#224; la biblioth&#232;que. Son regard vide fixe les livres. Monstres assoiff&#233;s de sang face &#224; poup&#233;e belle &#233;poque. Aucun sentiment d'effroi sur son visage peint. Aucun mouvement de repli. Les cheveux blonds n'en finissent pas d'onduler. Statiquement. Elle regarde les livres o&#249; s'agitent d&#233;mons et assassins sans vergogne, et elle reste l&#224;, paumes en l'air, innocente, assise un peu de travers, sa jupe ros&#233;e sagement &#233;tal&#233;e sur le bois du secr&#233;taire. En son c&#339;ur, rien ne bat. Le vide y r&#232;gne. Terre creuse, elle attend. Que les gens meurent. Qu'elle passe en d'autres mains. Qui se souviennent &#224; sa place. De qui l'a mise en sc&#232;ne. Au fur et &#224; mesure. Que le si&#232;cle passait. Pour l'heure, terre creuse, elle est assise. Sur mon secr&#233;taire. Pour combien de temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#234;tre l&#224;</title>
		<link>https://gadinsetboutsdeficelles.net/one-shots/petits-bouts-de-vie/article/etre-la</link>
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		<description>&lt;p&gt;De quelle mani&#232;re les objets sont-ils l&#224; ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/one-shots/petits-bouts-de-vie/" rel="directory"&gt;petits bouts de vie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/mere" rel="tag"&gt;m&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/collection" rel="tag"&gt;collection&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/philosophie" rel="tag"&gt;philosophie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De quelle mani&#232;re les objets sont-ils l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;miniscence de mes cours de philo. Etre l&#224; pour un objet, c'est &#234;tre montr&#233; par une quelconque conscience qui le situe dans l'espace environnant. C'est &#234;tre relatif, et non absolu. R&#233;vision. Noum&#232;ne et ph&#233;nom&#232;ne. D&#233;sol&#233;e, mes amis. Je m'&#233;gare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelle mani&#232;re les objets sont-ils l&#224; quand la conscience qui les a vus, saisis, choisis et r&#233;unis n'est plus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quid de la collection, quand le collectionneur n'est plus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; mon habitude, je me pose beaucoup de questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la vie. Sur la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le sens qu'il y a &#224; amasser des objets, du plus insignifiant au plus &#233;blouissant, avec acharnement, tout au long d'une vie. A les prot&#233;ger comme si nous n'&#233;tions qu'eux, &#224; nous lester de leur pr&#233;sence encombrante&#8230; Qui n'a jamais v&#233;cu l'exp&#233;rience jubilatoire du don de v&#234;tements usag&#233;s &#224; un quelconque secours populaire qui, outre l'auto-satisfaction qu'il y a &#224; &#234;tre g&#233;n&#233;reux, nous fait pour un moment plus l&#233;gers, insouciants ? Comme si nos biens ne nous faisaient pas du bien. Comme si notre attachement nous ali&#233;nait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me pose beaucoup de questions, donc. Sur le sens qu'il y a &#224; amasser des objets, qui seront toujours l&#224;, alors que nous n'y serons pr&#233;cis&#233;ment plus. Pour qui seront-ils l&#224; ? Et d'ailleurs, seront-ils vraiment encore l&#224;, ou bien seront-ils un peu partis avec nous ? Si &#234;tre l&#224; pour un objet, c'est &#234;tre l&#224; pour une conscience pr&#233;cise, quand cette conscience n'est plus, cet objet est-il toujours l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re est morte il y a plus d'un an, et les camions entiers d'objets que, sa vie durant, elle avait amass&#233;s, sont rest&#233;s derri&#232;re elle. Ils me d&#233;routent. Comment peuvent-ils &#234;tre encore l&#224; ? Ma m&#232;re est morte. Elle aurait du les emporter avec elle dans sa tombe. Nous aurions du creuser une trou immense pour l'enterrer dans un caveau de pharaonne, qui aurait abrit&#233; ses tableaux, ses meubles, ses bibelots, son linge pr&#233;cieux. Ses liqueurs artisanales, ses livres de Rika Zara&#239; et ses fleurs s&#233;ch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non. Ses objets persistent dans leur pr&#233;sence. Dor&#233;navant, certains ont d&#233;j&#224; &#233;lu domicile dans ma maison. D'autres attendent leur tour, sagement, dans le bric-&#224;-brac &#224; demi d&#233;m&#233;nag&#233; qu'est devenu son appartement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;me de ma m&#232;re est-elle encore incrust&#233;e dans ces objets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, comme &#224; mon habitude, je me pose beaucoup de questions. Il faut dire que je ne suis pas aid&#233;e &#224; la simplicit&#233;. Je sors du cin&#233;ma, o&#249; j'ai vu L'heure d'&#233;t&#233;, d'Olivier Assayas, o&#249; il est pr&#233;cis&#233;ment question du deuil et du poids des objets, du patrimoine. Mon exp&#233;rience r&#233;cente de la mort m'a fait vivre ce film de mani&#232;re particuli&#232;rement intense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un constat : les vivants sont les gardiens des objets des morts. Mais quand meurt celui qui gardait les objets d'une personne que plus personne de vivant n'a connu, qu'en est-il ? J'ai lu aujourd'hui que le dernier poilu encore vivant, sur quelques huit millions cinq, est d&#233;c&#233;d&#233; ces jours-ci. Quelque chose n'en finit pas de finir. Il en est ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vivrai, ma s&#339;ur vivra, les objets de notre m&#232;re vivront, elle vivra. Il en est ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui se taisent n'ont pas de chance. Ma m&#232;re peignait. Elle ne se taisait pas, et ses &#339;uvres restent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien, qu'il en soit ainsi...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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