<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Gadins et bouts de ficelles</title>
	<link>http://gadinsetboutsdeficelles.net/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/spip.php?id_mot=180&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>interdit aux hommes, par Ang&#232;le Casanova</title>
		<link>https://gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-giovanni-merloni-mars-2014/article/interdit-aux-hommes-par-angele-casanova</link>
		<guid isPermaLink="true">https://gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-giovanni-merloni-mars-2014/article/interdit-aux-hommes-par-angele-casanova</guid>
		<dc:date>2014-03-07T14:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ang&#232;le Casanova</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>objet</dc:subject>
		<dc:subject>perte</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>olo&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;pression</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>maison</dc:subject>
		<dc:subject>errance</dc:subject>
		<dc:subject>joie</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>sdf</dc:subject>
		<dc:subject>habiter</dc:subject>
		<dc:subject>maladie</dc:subject>
		<dc:subject>solitude</dc:subject>
		<dc:subject>pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>bruit</dc:subject>
		<dc:subject>nuit</dc:subject>
		<dc:subject>suicide</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>peur</dc:subject>
		<dc:subject>Giovanni Merloni</dc:subject>
		<dc:subject>Palais de la Femme</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le processus qui am&#232;ne du chagrin &#224; la v&#233;g&#233;tation. Je le vis. De l'int&#233;rieur. Je l'observe dans mon corps. Dans ma chair.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-giovanni-merloni-mars-2014/" rel="directory"&gt;&#233;crire avec Giovanni Merloni (mars 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/objet" rel="tag"&gt;objet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/perte" rel="tag"&gt;perte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/oloe" rel="tag"&gt;olo&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/depression" rel="tag"&gt;d&#233;pression&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/maison" rel="tag"&gt;maison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/errance" rel="tag"&gt;errance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/joie" rel="tag"&gt;joie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/sdf" rel="tag"&gt;sdf&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/habiter" rel="tag"&gt;habiter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/maladie" rel="tag"&gt;maladie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/solitude" rel="tag"&gt;solitude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/pauvrete" rel="tag"&gt;pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/bruit" rel="tag"&gt;bruit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/nuit" rel="tag"&gt;nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/suicide" rel="tag"&gt;suicide&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/memoire" rel="tag"&gt;m&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/peur" rel="tag"&gt;peur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/giovanni-merloni" rel="tag"&gt;Giovanni Merloni&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/palais-de-la-femme" rel="tag"&gt;Palais de la Femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://gadinsetboutsdeficelles.net/mot/vases-communicants" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;e processus qui am&#232;ne du chagrin &#224; la v&#233;g&#233;tation. Je le vis. De l'int&#233;rieur. Je l'observe dans mon corps. Dans ma chair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&lt;/strong&gt;omme la mar&#233;e, mon chagrin se r&#233;pand de tous c&#244;t&#233;s. Jusqu'&#224; l'horizon. Plus rien n'existe en dehors de lui. L'air que je respire. La nourriture que je mange. Tout a le go&#251;t du chagrin. Alors je ne mange plus. Alors je ne respire plus. Ou alors une fois sur deux. Ou trois. Ou quatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&lt;/strong&gt;e pars de chez moi avec une valise. Petite. Mal faite. Je fais un pas puis un autre. Ma vie se r&#233;sume &#224; &#231;a. Respirer. Continuer de respirer. Manger. Un peu. R&#233;guli&#232;rement. M&#234;me des bouch&#233;es ridicules de n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E&lt;/strong&gt;t puis je me retrouve &#224; la rue. Enfin. Pas vraiment. J'habite les canap&#233;s des uns puis des autres, &#224; tour de r&#244;le. Pendant des mois. Ma valise cal&#233;e au niveau de ma t&#234;te au pied de la banquette, j'ai vue, d'un simple mouvement, sur tout ce qui constitue ma vie. Un rien. Deux fringues. Un livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&lt;/strong&gt;e creuse ce d&#233;sespoir. Je le creuse comme une tombe. Je m'y couche. Sans fin. J'attends la mort. Et en attendant. Je souffre. La nuit. Quand je n'ai plus le cin&#233;ma pour m'emplir le cerveau d'images. Je me tords de douleur, en larmes, g&#233;missante. Des heures. En proie &#224; la terreur la plus insens&#233;e. La plus poignante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;e jour, je r&#244;de. Je r&#244;de sans fin dans Paris. Sans entrer nulle part. Je vois les gens passer autour de moi mais pour eux, je suis invisible. Un miroir sans teint. Plus aucune maison ne peut m'abriter. Me prot&#233;ger. Je ne me sens bien que l&#224;. Dans la rue. Invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&lt;/strong&gt;e maigris &#224; vue d'&#339;il. L&#233;g&#232;re comme une plume. Lourde comme une enclume. On me bouscule si facilement. Et je me rel&#232;ve si lentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;U&lt;/strong&gt;n jour, je touche le fonds. Je le touche, et mon pied trouve la force, l'ent&#234;tement, de le repousser. J'ouvre les yeux. C'est le matin. Je ris. Un r&#234;ve plaisant m'a laiss&#233; ce cadeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A&lt;/strong&gt;lors. Je me l&#232;ve. Je prends un th&#233; et d&#233;cide de faire quelque chose. De trouver un endroit o&#249; habiter. Ou du moins faire comme si. Dans un premier temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&lt;/strong&gt;e cherche sur internet et trouve la mention de ce nom. Etrange. Fier. Le palais de la femme. Il semble fait pour moi. Un interm&#233;diaire entre la rue et la vie avec lui. Un entre-deux. Un non-lieu. Salvateur peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;orsque je p&#233;n&#232;tre sous le porche, je passe une fronti&#232;re invisible. Mais tr&#232;s pr&#233;sente. Ce lieu est pour les femmes. Depuis longtemps. Il n'h&#233;berge que des femmes. Je me mets &#224; imaginer des subterfuges pour y faire entrer des conqu&#234;tes d'un soir. Juste pour l'exercice de style. Car du style, je n'en ai plus. La peau sur les os. J'&#233;coute le discours de la directrice, qui me parle salaire, caution et montant du loyer. Je suis surprise. Je pensais que mon ch&#244;mage suffirait. Je dois me secouer les puces, sinon, je resterai &#224; la rue. Lorsque je reviens, quelques jours apr&#232;s, un contrat en poche, elle accepte de me faire visiter l'immeuble. Aux murs, des sentences peintes. Un encouragement &#224; la foi et &#224; l'optimisme. Nous montons un grand escalier de pierre. Un couloir circulaire s'ouvre devant nous. Des portes tr&#232;s proches le ponctuent. Trou&#233;es par les sanitaires. Des filles passent en tongues. Indiff&#233;rentes. Ca sent le carton-p&#226;te. La directrice me fait entrer dans une chambre. La mienne. Elle donne sur un haut mur derri&#232;re lequel un immeuble haussmannien vient ouvrir ses fen&#234;tres. Les Parisiens ont vue sur les femmes d&#233;sh&#233;rit&#233;es. Et nous sur eux. Je regarde cette fen&#234;tre sans volets. Ce pauvre rideau en PVC bleu. Le lit. Le petit bureau. La table de chevet. L'armoire. La pi&#232;ce est &#233;touffante. 6 m&#232;tres carr&#233;s. Au ras du plafond, le long du mur qui donne sur le couloir, une vitre. Nulle nuit pour les pensionnaires. Le jour entre par la fen&#234;tre. La lumi&#232;re du couloir par cette vitre. Nous ne sommes jamais seules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&lt;/strong&gt;et asc&#233;tisme me s&#233;duit obscur&#233;ment. Je sens que j'ai besoin de la solennit&#233; de ce lieu. De son absence d'intimit&#233; pour avancer. Entre-deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;orsque j'emm&#233;nage, je me rends compte. La premi&#232;re nuit. Que je dors tout contre ma voisine. Nos lits se touchent &#224; travers la paroi fine qui nous s&#233;pare. Pas un mur. A peine une cloison. L'odeur de carton-p&#226;te doit venir de l&#224;. Je l'entends s'agiter. Agac&#233;e, je sors de ma chambre. La vitre au-dessus de la sienne est noire. Elle est plong&#233;e dans l'obscurit&#233; et fouille quelque part. Elle bouge des paquets. Sans cesse. Au bout de plusieurs nuits, je n'y pr&#234;te plus attention. Elle fait partie du paysage. De temps en temps, je l'aper&#231;ois. Discr&#232;te. En jogging. D&#233;color&#233;e. Je l'oublie. Toute &#224; ma renaissance. Je m'inscris &#224; la biblioth&#232;que. Je travaille. Je vis au rythme des gens qui ont un domicile. M&#234;me si le mien se r&#233;duit &#224; sa plus simple expression. Un cube en carton o&#249; manger. O&#249; lire. O&#249; souffrir encore et toujours. O&#249; dormir entre deux rais de lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt;ais un jour, en revenant des sanitaires, je trouve sa porte ouverte. Elle est partie et l'a laiss&#233;e ainsi. Je jette un &#339;il &#224; l'int&#233;rieur, furtivement. Je tressaille. La pi&#232;ce, pourtant minuscule, est remplie jusqu'au plafond. De cartons. Sous le lit. Autour du lit. Sur l'armoire. Devant la fen&#234;tre. Et je comprends soudain. Ce que ce sont ces bruits nocturnes. Elle d&#233;place ses cartons. Inlassablement. Elle les d&#233;place. La nuit suivante, je ne dors pas. Je l'&#233;coute. Je r&#233;fl&#233;chis. A ce que c'est. De tout perdre. Et de se retrouver ici. Charg&#233;e de son ancienne vie. Sans aucun moyen de s'en d&#233;barrasser. Alors, je regarde autour de moi. Je mets les mains derri&#232;re ma t&#234;te. Je regarde au plafond. Et je souris. Je ne resterai pas ici. Bient&#244;t. J'aurai un chez moi. Une nouvelle vie commence. Je ne d&#233;pendrai plus jamais d'un homme. Plus jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Texte initialement publi&#233; sur &lt;a href=&#034;http://leportraitinconscient.com/2014/03/07/interdit-aux-hommes-par-jessica-maisonneuve-les-vases-communicants-mars-2014/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le portrait inconscient&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
