par angèle casanova

« dépression »

  • Nancy blues, dans petits bouts de vie, le 19 juin 2007

    Fenêtre ouverte sur un chantier béant. La terre claire est trouée, meurtrie sans logique apparente. Et pourtant. Et pourtant un bâtiment sera bientôt là. Mais ne se dresse-t-il pas déjà sous mes yeux ?

    Fenêtre ouverte sur un chantier béant. La terre claire est trouée, meurtrie sans logique apparente. Et pourtant. Et pourtant un bâtiment sera bientôt là. Mais ne se dresse-t-il pas déjà sous mes yeux ? J'ai le sentiment d'une résistance de ce lieu. La terre n'est plus elle-même, elle (...)
  • en famille, dans en recouvrement, le 16 novembre 2014

    Ma vie a commencé à l’âge de six ans. Avant, j’existais à peine. Un avorton, un presqu’humain.

    Ma vie a commencé à l’âge de six ans. Avant, j’existais à peine. Un avorton, un presqu’humain. En rage en permanence. Contre qui. Contre quoi. Et puis soudain. Noël. Mes parents m’offrent un recueil d’histoires de Disney. Bernard et Bianca, Bambi, Robin des bois et compagnie. Alors, (...)
  • lycantrope, dans petits bouts de vie, le 25 mai 2008

    Je suis un loup.
    Un loup-garou, plus précisément.
    Bon, un loup-garou un peu spécial. Mais les mythes sont des mythes, et moi, je suis bien réelle.

    Je suis un loup. Un loup-garou, plus précisément. Bon, un loup-garou un peu spécial. Mais les mythes sont des mythes, et moi, je suis bien réelle. Donc, je suis un loup. De temps en temps. Ponctuellement. Ma pleine lune à moi, c’est la sensation sourde d’une menace... (...)
  • l’orgueil, dans petits bouts de vie, le 20 décembre 2013

    Quand on touche le fond. Quand rien ne va plus. Quand on s’abaisse. A traîner les genoux au sol. Yeux en l’air. Tristes. Implorants. Rien de mieux. Qu’un bon petit coup de pied au cul.

    Quand on touche le fond. Quand rien ne va plus. Quand on s’abaisse. A traîner les genoux au sol. Yeux en l’air. Tristes. Implorants. Rien de mieux. Qu’un bon petit coup de pied au cul. Une bravade. Un sourire vengeur. Rien de mieux. Que de se dire. Non mais. Vraiment. De sourire (...)
  • ombre, dans Bloomsbury spleen, le 26 février 2014

    Ailleurs je rôde. Peut-être un peu plus même. Un peu plus qu’en temps normal. Parce que je suis seule. Ailleurs que chez moi. Que je n’ai pas ma voiture. Alors je rôde. Pied ferme. Œil fixe. Je joue à faire comme si je savais où j’allais.

    Ailleurs je rôde. Peut-être un peu plus même. Un peu plus qu’en temps normal. Parce que je suis seule. Ailleurs que chez moi. Que je n’ai pas ma voiture. Alors je rôde. Pied ferme. Œil fixe. Je joue à faire comme si je savais où j’allais. Alors que non. Je joue à. Je rôde. Je fais (...)
  • 2 / 5 ans, dans petits bouts de vie, le 5 février 2011

    Deux ans que j’ai déserté Gadins.
    Deux ans qui ont vus naître un enfant. Mon enfant.
    Deux ans qui l’ont vu changer de jour en jour.

    Deux ans que j'ai déserté Gadins. Deux ans qui ont vus naître un enfant. Mon enfant. Deux ans qui l'ont vu changer de jour en jour. De nourrisson contemplatif, il est devenu petit lardon gigoteur, puis explorateur à quatre pattes... Aujourd'hui, il court à la découverte du (...)
  • fantôme tutélaire, dans petits bouts de vie, le 30 septembre 2012

    Boulevard quotidien. Mille fois je passe devant. Cette boutique. Vêtements de luxe. Ma conscience, ailleurs. Toujours. Main dans la main, regard descendant. Bras étirés par le poids des poches en plastique, supermarché tout proche.

    Boulevard quotidien. Mille fois je passe devant. Cette boutique. Vêtements de luxe. Ma conscience, ailleurs. Toujours. Main dans la main, regard descendant. Bras étirés par le poids des poches en plastique, supermarché tout proche. Regard porté sur mes pieds. Pourtant, de temps (...)
  • mes mots… où êtes-vous partis, vers quel bruit blanc ?, dans petits bouts de vie, le 11 juin 2007

    Mes mots… Où êtes-vous partis, vers quel bruit blanc ?

    Mes mots… Où êtes-vous partis, vers quel bruit blanc ? Dans ma tête, un grand sifflement retentit. Le vide, le plein, je ne sais pas. Mes mots… Où êtes-vous partis, vers quel bruit blanc ? Je suis dans le métro. Encore et toujours. Je n’en suis jamais sortie. Le souterrain galeux (...)
  • oeuf mimosa, dans oeuf mimosa, le 21 octobre 2013

    Elle est allongée dans la pénombre. Le jour se lève. Toute la nuit, elle s’est agitée, retournée d’un côté de l’autre sans trouver le sommeil. Les pensées ont du mal à trouver leur chemin jusqu’à sa conscience.

    Elle est allongée dans la pénombre. Le jour se lève. Toute la nuit, elle s’est agitée, retournée d’un côté de l’autre sans trouver le sommeil. Les pensées ont du mal à trouver leur chemin jusqu’à sa conscience. Elle regarde le plafond un moment. Au fur et à mesure, le chaos qui l’habite (...)
  • nessos, par Angèle Casanova , dans mythes selon Angèle Casanova, le 6 juillet 2014

    Ma voisine, je l’ai dans la peau. C’est pratique, elle habite à côté. Cela m’évite les rêves trop chers. Inaccessibles. Alors, ma voisine, j’y pense le jour, la nuit. Quand je la croise au Super U, poussant timidement son chariot, j’en deviens fou.

    Ma voisine, je l’ai dans la peau. C’est pratique, elle habite à côté. Cela m’évite les rêves trop chers. Inaccessibles. Alors, ma voisine, j’y pense le jour, la nuit. Tout le temps. Quand je la croise au Super U, poussant timidement son chariot, j’en suis bouleversé. Je ne sais pas (...)

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