Mon grand-père m’a écoutée parler en ce lieu de ma mère, de mon père, de ma grand-mère.
Toujours plus vieux.
Toujours plus triste.
« mère »
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dans ce coin,
dans
éloge funèbre,
le
5 mai 2013
Mon grand-père m'a écoutée parler en ce lieu de ma mère, de mon père, de ma grand-mère. Toujours plus vieux. Toujours plus triste. Mais toujours là. Assis au premier rang. A droite. Dans ce coin. Sur un coussin matelassé. La main appuyée sur sa canne. Aujourd'hui, il (…)
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LA RUE DE A À Z // Little Senegal, Harlem, NY, USA ,
dans
photo-textes,
le
3 octobre 2013
A LOUER Juché sur une échelle, l’agent immobilier fixe tant bien que mal la bannière au-dessus de la boutique décrépite. Il descend, recule au ras du trottoir, tire la langue, un œil fermé, la tête inclinée… Ça pourrait être pire. Il ne lui reste plus qu’à attendre le (…)
Les photographies qui composent "La rue de A à Z" ont été prises un matin de décembre 2012, un peu avant 8h, à Little Senegal, Harlem, New York, entre le coin de la 119e rue et Adam Clayton Powell Bvd, la 116e rue et le coin de la 119e et Malcolm X Bvd (nom actuel de Lenox Avenue).
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la femme de l’ogre,
dans
poèmes,
le
9 juin 2014
La femme de l'ogre ne dit rien. Ce mutisme n'est pas pensé. Réfléchi. Elle ne dit rien. C'est tout. De toute façon. Elle sait. Qu'il n'y a rien à dire. Que l'ogre est ogre. Que c'est sa nature. Aucun aveu n'y changerait rien. Du fond d'une geôle, il resterait (…)
La femme de l’ogre ne dit rien.
Ce mutisme n’est pas pensé. Réfléchi.
Elle ne dit rien.
C’est tout. -
économique,
dans
la route,
le
5 décembre 2013
Rien en elle n’est économique. Le corps. L’âme. Les sentiments. Elle donne tout. Sans compter. Généreusement. Les autres comptent pour elle. Elle donne tout pour oublier qu’elle n’a rien au cœur. Au fond. Au milieu. Elle est vide. Alors elle donne. Elle parle. Elle vit. Live (…)
Rien en elle n’est économique. Le corps. L’âme. Les sentiments. Elle donne tout. Sans compter. Généreusement. Les autres comptent pour elle. Elle donne tout pour oublier qu’elle n’a rien au cœur. Au fond. Au milieu. Elle est vide.
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vivants,
dans
écrire avec / pour mon fils,
le
21 septembre 2014
L’écran éclaire par intermittence nos visages tournés vers lui. Blottis au creux des fauteuils, nous nous laissons emporter par le début du film. Un babouin avance à pas lents sur le promontoire. Sa canne à grelots heurte régulièrement le sol de pierre. Au rythme de la (…)
L’écran éclaire par intermittence nos visages tournés vers lui. Blottis au creux des fauteuils, nous nous laissons emporter par le début du film. Un babouin avance à pas lents sur le promontoire.
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vortex,
dans
poèmes,
le
5 octobre 2015
J'ai le plaisir de vous annoncer la publication de mon poème vortex dans la revue PAYSAGES ECRITS n°25 (septembre 2015), p. 74.
J’ai le plaisir de vous annoncer la publication de mon poème vortex dans la revue PAYSAGES ECRITS n°25 (septembre 2015), p. 74.
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la casse,
dans
maman, maman, j’ai rêvé de l’ours,
le
22 janvier 2016
le ciel est bas sur la casse le métal ne brille pas cabossé troué béant il nous indique le chemin vers la voiture nous la reconnaissons vaguement en faisons le tour plusieurs fois enfants malhabiles ne sachant plus quoi faire de ce jouet cassé effrayant alors (…)
le ciel est bas sur la casse
le métal ne brille pas
cabossé troué béant -
je fais le tour de mon oreille,
dans
écrire avec / pour mon fils,
le
2 août 2014
Comment ça s’appelle ça il me montre son oreille ou plus précisément il fait du doigt le tour de son oreille je réfléchis en torturant le bout érodé de ma lèvre supérieure qui en a vu d’autres et puis je retourne le pavillon de mon oreille à moi et tapote (…)
Comment ça s’appelle
ça
il me montre son oreille
ou plus précisément
il fait
du doigt
le tour
de son oreille -
au loin, une autre porte,
dans
petits bouts de vie,
le
11 août 2012
Souvent le même rêve. Ma mère avait un autre appartement. Je l’avais oublié. Tout simplement. Mais un jour, il m’est revenu en mémoire. Alors j’ai cherché sa clé. Je ne l’ai pas trouvée. J’y suis allée, quand même. C’est la zone. Une cité. Sale. Déserte. Décidément, ce (…)
Souvent le même rêve. Ma mère avait un autre appartement. Je l’avais oublié. Tout simplement. Mais un jour, il m’est revenu en mémoire. Alors j’ai cherché sa clé. Je ne l’ai pas trouvée. J’y suis allée, quand même.
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cronos, par Angèle Casanova,
dans
mythes selon Angèle Casanova,
le
19 novembre 2014
L'homme est immense. Son ombre envahit la pièce comme une marée noire. Il s’approche du berceau. La mère tente de l'en empêcher. De faire barrage de son corps. Le repousse. Du mieux qu’elle peut. Échevelée. La poitrine à nu. Elle vient de donner le sein. Une odeur de lait (…)
L’homme est immense. Son ombre envahit la pièce comme une marée noire. Il s’approche du berceau. La mère tente de l’en empêcher. De faire barrage de son corps. Le repousse. Du mieux qu’elle peut.
